Anne de Villepoix

Marc Turlan

03 Sep - 15 Oct 2011

© Marc Turlan
MARC TURLAN
Exo Star
3 septembre - 15 octobre 2011

La Galerie Anne de Villepoix est heureuse de vous présenter la premiere exposition personelle de l’ariste français Marc Turlan.
Il y a des exoplanètes, qui orbitent autour d’autres soleils alors, il y a donc aussi des exo stars, étoiles de planètes non révélées.
La star, l’étoile, est le symbole convenu de la notoriété, cette notoriété qu’élaborent continûment les images des magazines, force qui met en orbite ceux qui les regardent.
« La célébrité, ça intéresse la terre entière parce que c’est sexy 1».
La notoriété, ou plutôt sa représentation, ne fonctionne qu’en tant qu’elle suscite le fantasme. Cette fabrique de fantasme est une fabrique d’images qui toutes obéissent aux mêmes procédés et qui sont ainsi des sortes de collages qui rejoignent formellement les icônes religieuses qui sont peintes selon des protocoles très précis puis, toujours nommées car, par transfiguration, l’icône n’est pas une représentation mais bien le Christ, la Vierge, le Saint ou la Sainte qui y sont peints. Dans les magazines, l’épigraphe, ce nom inscrit sur l’icône, est remplacée par la légende et par l’article adjacent. L’image de la star est la star et en cela permet le fantasme et l’identification.
Le processus fantasmatique d’identification désirante engagé, il s’agit alors pour le spectateur de rejoindre la star par une construction tout autant fantasmée de sa propre image. Viennent ainsi la musculation, les cosmétiques et les vêtements, comme styles de vie de star vantés et proposés par la publicité. Car derrière la notoriété se tient surtout les marchés de la notoriété qui ont pour objectif assidu de tous nous transformer en exo star.
C’est cela le motif du travail de Marc TURLAN chez Anne de Villepoix, ni dénonciation ni description de la machine à notoriété, ni même source d’ « inspiration » mais de matériaux bruts qui sont travaillés et représentés.
Dans les musées des Beaux Arts, il y a les salles de peinture, les salles de sculpture et aussi d’autres salles consacrées à des formes hybrides. L’exposition reprend ce principe de présentation.
La salle de la sculpture : extase ou épuisement La ligne de force est la salle de musculation, comme lieu d’exposition de soi et de fabrication sous influence de sa propre image. Mais ici les matériaux privilégiés sont les tasseaux de bois qui dessinent des appareils curieusement érotiques qui aboutissent à une forme récurrente sinon obsédante : les étoiles qui sont des étoiles « lourdes » en marbre.
Plusieurs sculptures occupent la salle. Des murs « sortent » des bustes, des mains, en tasseaux appareillés de chaines auxquelles sont suspendues des étoiles. L’impression générale est celle d’une torture consentie.
La salle des collages sonores : dialogues solitaires Des sculptures matérielles, le visiteur est conduit vers des sculptures sonores présentées en boucle et qui sont aussi des collages. Un texte se construit avec des éléments d’interviews de personnes célèbres. Les pièces évoquent la création et la notoriété. La voix de l’artiste et les voix des personnes célèbres se mêlent dans un dialogue-monologue entrecoupé de silences.

La salle de l’image : icons

Il s’agit d’icônes disposées sur des étagères. Rien ou presque n’est accroché aux murs. Il n’y a pas de cimaises. Le matériau brut utilisé ici est l’image « pauvre » de magazine associée et la technique est celle du travail du miroir travaillé en collages, en mosaïque ou en incrustation. Le travail produit ainsi une forme doublement composite, dans sa fabrication et dans son intention.
Marc Turlan a été presenté à la Villa Noailles, au Salon de Montrouge ou encore aux rencontres internationales d’Arles en tant qu’invité de Christian Lacroix et participé à plusieurs publications internationales comme Livraison 08 en Suède ou A Magzine sur une invitation de Ricardo Tisci. A l’occasion de l’exposition à la galerie, une série limitée des pièces ont été crées pour Rue89.

1 Michka Assayas
 

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